
J’ai l’immense tristesse de vous faire part du décès de mon ami Nicolas Nova, survenu le 31 décembre 2024 à la suite d’un arrêt cardiaque.
Il nous a quittés lors d’un voyage, dans son élément, alors qu’il arpentait le monde à la recherche de nouveaux horizons.
Plus qu’un ami, plus qu’un co-fondateur, Nicolas était à mes yeux l’un des plus grands penseurs de notre temps. Sans préjugés, sans égo, sans raccourcis. Il était curieux de cette époque complexe, en mutation constante.
Il « farfouillait » dans nos espaces numériques quotidiens pour mieux nous inviter à les redécouvrir. Communautés en ligne, jeux vidéo, smartphones, il cherchait l’Humain là où nous pensions qu’il n’y en avait plus.
Il était souvent le premier à anticiper la pertinence d’un thème. Il se plongeait dans des univers en apparence banals, et remontait à la surface mille histoires passionnantes, qu’il racontait ensuite dans ses livres et conférences.
Il était curieux du curieux, amusé par les comportements singuliers et les êtres à part. Il se nourrissait des évolutions de notre monde, de la « créolisation » des cultures, de ce qui se passe à la marge, dans l’ombre des licornes et des « disruptions ».
Il gardait une saine distance par rapport à ce que l’industrie des technologies a de moins reluisant : les vagues de « hype », les prédictions anxiogènes ou fantaisistes, les gourous en tous genres qui remplacent subitement « blockchain » par « IA » dans leur biographie.
Il disparaît pile au moment où son travail commençait à être reconnu à sa juste valeur par le grand public.
Quand nous avons créé Lift, le numérique n’était pas la partie « noble » de notre société. Une génération plus tard, on a enfin conscience que c’est l’un des enjeux majeurs.
Et que Nicolas était peut-être le plus talentueux observateur de cette nouvelle réalité.
Il faudra désormais avancer sans son regard unique, éclairant, empathique. Sans son humour pince-sans-rire. Sans sa discrétion. Sans sa gentillesse. Sans la justesse et la constance de sa présence.
Mes pensées vont à sa famille, ses parents, son frère, sa sœur et leurs familles respectives; à son associé Fabien Girardin; à ses collègues et étudiants. Et bien évidemment à Bérénice, sa compagne de toujours.
Par son travail, ses publications, au travers de Lift, Nicolas a touché des milliers de gens. Si vous faites partie de ceux-là, et que vous souhaitez lui laisser un dernier message, vous pouvez vous rendre sur https://nicolasnova.org
RIP Nicolas 🖤🖤🖤
Laurent Haug
Nicolas Nova n’est plus.
Choc.
Tristesse.
Vide.
Nous devons être si nombreux à nous sentir orphelins de notre ami, collègue, compagnon de randonnées, de « cafés », de lectures, d’échanges au long cours et de projets passionnants qui se retrouvent ainsi suspendus. Son humour, ses anecdotes, son regard toujours un peu décalé, son imagination, ses trouvailles, ses conseils pertinents, sa constance, sa force tranquille nous manquent déjà tellement.
Avec Nicolas, nous avions en partage l’anthropologie, l’amour de nos montagnes et une interrogation quant au devenir des manières de vivre avec elles. De cela, il avait fait un livre, Fragments d’une montagne, et un jeu, Chamonix-sentinelles (chamonix-sentinelles.org, avec Sabrina Calvo et Étienne Mineur). Ensemble, nous avions lancé glaciers ardents (glaciersardents.com), une série de rencontres auprès des glaciers alpins pour partager des expériences et relations vécues avec ces étendues menacées.
Après deux belles éditions en 2024 au glacier des Bossons et du Trient, nous en prévoyions deux nouvelles en 2025, en variant les formats. Comment continuer sans lui? Cela semble aujourd’hui impossible. Et en même temps, poursuivre notre projet, habité par une relation subtile entre absence et présence, pourrait être une belle manière d’honorer la mémoire de notre camarade…
Jean Chamel